Appelée comme témoin dans le procès de son successeur Constant Mutamba, poursuivi pour détournement présumé de fonds publics, l’ancienne ministre de la Justice Rose Mutombo a livré ce mercredi 06 août des explications déterminantes devant la Cour de cassation.
Lors de la cinquième audience consacrée à l’affaire, Mme Mutombo a précisé que la répartition des fonds versés par l’Ouganda à la RDC, à la suite de l’arrêt de la Cour internationale de justice (CIJ), obéit à une clé fixée par ladite juridiction.
Selon elle, 81 % des sommes perçues sont destinées aux victimes des conflits armés, tandis que 18,5 % reviennent au gouvernement congolais.
« La clé de répartition de Frivao est tirée de l’arrêt même de la Cour internationale de justice. C’est clairement cité dans cet arrêt : 81 % pour les victimes et 18,5 % pour le gouvernement », a affirmé Rose Mutombo devant la Cour.
Abordant la question du compte bancaire à la Rawbank, au cœur des soupçons de détournement, elle a indiqué l’avoir trouvé déjà existant à son arrivée à la tête du ministère. Selon elle, ce compte était déjà ouvert bien avant son mandat, potentiellement sous les ministres Alexis Thambwe Mwamba ou Luzolo Bambi.
« Ce compte, je l’ai trouvé. Ça doit être un compte créé par mes prédécesseurs. C’est un compte inexistant [dans les systèmes classiques], mais actif », a-t-elle expliqué.
Ces précisions ont semblé conforter la défense de Constant Mutamba, qui plaide l’absence d’initiative personnelle dans la gestion des 19,9 millions de dollars incriminés.
« Nous sommes satisfaits, confortés dans notre position. Nous avons désormais des réponses claires : les fonds ont-ils été gérés sur instruction du gouvernement ou de l’initiative propre du prévenu ? C’est désormais éclairci », a déclaré un des avocats de la défense.
Le procès se poursuit, mais cette audition-clé pourrait influencer de manière décisive l’issue de la procédure.
Franck Mubeneshay
