Procès Constant Mutamba : la défense cite la Première ministre et d’autres hauts cadres comme témoins

Le procès de l’ancien ministre de la Justice Constant Mutamba, accusé de détournement des fonds publics alloués à la construction de la prison centrale de Kisangani, s’est poursuivi ce mercredi 30 juillet 2025 à la Cour de cassation.

Lors de cette troisième audience publique, les avocats de la défense avaient sollicité une surséance de la procédure, au motif que deux requêtes en inconstitutionnalité avaient été introduites à la Cour constitutionnelle.

Ces requêtes visent à contester d’une part la résolution de l’Assemblée nationale, et d’autre part un arrêt avant dire droit rendu par la Cour de cassation elle-même.

Cependant, la Cour a rejeté cette demande, estimant que la surséance ne peut être prononcée que lorsque l’exception d’inconstitutionnalité est soulevée par voie d’exception dans une affaire pendante, et non par voie d’action.

« La Cour reçoit la demande et la dit non fondée. Dit qu’il n’y a pas lieu à surseoir à la cause », a déclaré le président de la Cour, siégeant en chambre réunie.

Le ministère public, pour sa part, a également plaidé pour la poursuite de l’instruction, tout en reconnaissant l’existence des requêtes pendantes à la Cour constitutionnelle.

« La Cour de cassation poursuivra l’instruction de l’affaire dans la sérénité la plus totale », a-t-il affirmé.

Après une suspension de près de trois heures, les audiences ont repris avec la citation de témoins à charge et à décharge, parmi lesquels figurent plusieurs personnalités de haut rang :
• Judith Suminwa, Première ministre
• Rose Mutombo, ancienne ministre de la Justice
• Jules Alingeti, ancien inspecteur général des Finances
• Adlerd Kisula, secrétaire exécutif du CENAREF

Ils ont été mentionnés par les parties comme témoins potentiels dans cette affaire qui suscite un fort intérêt politique et judiciaire.

Pour rappel, Constant Mutamba est accusé d’avoir détourné des fonds publics destinés à la construction de la prison centrale de Kisangani, chef-lieu de la province de Tshopo.

Le procès se tient en première et dernière instance devant la Cour de cassation.

L’affaire continue de faire couler beaucoup d’encre dans le pays, tant en raison du statut politique du prévenu que du contexte de lutte contre la corruption affiché par les institutions judiciaires congolaises.

Franck Mubeneshay

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