Le ministre d’État aux Affaires sociales Eve Bazaiba et le ministre de la Communication Patrick Muyaya ont fait le point sur la situation alarmante des congolais, réfugiés au Burundi et en Tanzanie, fuyant la violence imposée par le M23-AFC et l’armée rwandaise dans l’Est de la République Démocratique du Congo. C’était au cours d’une conférence de presse dans la soirée du samedi 17 janvier.
« La situation humanitaire de réfugiés congolais au Burundi et en Tanzanie », est le thème développé par les deux membres du Gouvernement qui ont dépeint un tableau sombre, une conséquence directe de l’agression rwandaise via le groupe armé M23-AFC.
Au Burundi, on dénombre actuellement 250 000 réfugiés congolais répartis sur sept sites. Le camp de Busuma est le plus saturé, abritant à lui seul plus de 67 000 personnes. Parmi cette population vulnérable, plus de 30 000 enfants âgés de 3 à 14 ans y survivent dans des conditions précaires.
Face à un Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) à bout de souffle et un désengagement des USA dans sa politique d’aide, la République Démocratique du Congo a dû prendre ses responsabilités. « Je suis très fière de mon Gouvernement. Merci au chef de l’État Félix Tshisekedi et à la Première ministre pour la mission humanitaire accomplie », a déclaré Eve Bazaiba, très émue.
La RDC reste déterminée à jouer un rôle de premier plan pour ses réfugiés au Burundi et en Tanzanie. Patrick Muyaya a toutefois précisé le cadre légal de cette aide : « l’intervention de la RDC ne se fait qu’avec l’autorisation et l’accompagnement du HCR et des pays d’accueil. »
La situation en Tanzanie n’est guère plus reluisante. On y compte plus de 85 000 réfugiés, dont une majorité d’enfants, 50 000. Et 28 naissances ont été enregistrées durant cette mission gouvernementale.
Bien que des vivres, non vivres et autres produits de première nécessité aient été distribués, les besoins restent immenses. Sur place, des efforts de formation sont consentis pour les jeunes, mais la qualité de l’enseignement reste précaire faute de moyens adéquats.
Au-delà de l’aide matérielle, le message des réfugiés est sans équivoque. Partout, la mission humanitaire gouvernementale a été confrontée à la même demande, qu’est la restauration de la paix pour un retour immédiat au pays.
« Il était très difficile pour les membres de la délégation de retenir leurs larmes », a confié Eve Bazaiba face à la presse, témoignant de la profonde désolation observée dans ces camps qui abritent les réfugiés Congolais pour qui, l’aide humanitaire n’est qu’un pansement sur une plaie qui ne pourrait guérir qu’avec la sécurité et le retour au pays.
Tony-Antoine Dibendila
