Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement de la République démocratique du Congo, a vivement réagi vendredi 26 décembre aux propos du président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), Mgr Fulgence Muteba, l’accusant de manquer de clarté dans la dénonciation de l’agression dont la RDC se dit victime dans l’Est du pays, ainsi que du pillage de ses ressources naturelles.
Dans une série de messages publiés sur son compte X, Patrick Muyaya a estimé qu’« il aurait fallu des mots clairs pour dénoncer l’agression, la tentative d’expansion territoriale sur fond de massacres et du pillage systématique de nos minerais ».
Il a également regretté l’absence, selon lui, d’une condamnation explicite des violences ayant provoqué le déplacement de plus de 500 000 personnes après l’attaque de la ville d’Uvira, qualifiée d’hostile aux forces rwandaises et à leurs supplétifs du M23-AFC.
Le porte-parole du Gouvernement a, par ailleurs, mis en cause le silence de la hiérarchie catholique sur l’exploitation illicite des ressources minières congolaises.
À ce sujet, Patrick Muyaya a révélé que les exportations de coltan du Rwanda auraient augmenté de 213 % entre janvier et juin 2025, depuis la prise de contrôle de la mine de Rubaya, présentée comme la plus importante de l’Est de la RDC.
« Aujourd’hui, grâce à l’exploitation illicite de Rubaya, le Rwanda a accru ses exportations de coltan de 213 %. Pas un mot ! », a-t-il déploré.
Dans le même registre, le ministre de la Communication et Médias a rejeté catégoriquement les affirmations de Mgr Fulgence Muteba selon lesquelles l’accord de partenariat stratégique signé entre la RDC et les États-Unis d’Amérique porterait sur un engagement de 99 ans impliquant un bradage des minerais congolais.
« Vous n’avez pas dit la vérité, Monseigneur », a-t-il lancé, qualifiant ces propos de « factuellement faux ».
Patrick Muyaya a précisé qu’« il n’existe ni accord de 99 ans, ni bradage des ressources, ni le nom d’aucune mine, encore moins une quelconque forme de cession de souveraineté » dans le texte de cet accord, rappelant que les autorités américaines avaient rendu public le document dès le 4 décembre dernier.
Ces déclarations illustrent la montée des tensions verbales entre le Gouvernement congolais et la Cenco, dans un contexte marqué par la persistance de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC et par les débats autour de la gouvernance des ressources naturelles du pays.
La rédaction
