A l’Assemblée nationale, le projet de Loi des Finances exercice 2026 déclaré recevable, a tout de même été soumis à des critiques de députés nationaux, dont le professeur Godé Mpoy qui a pointé du doigt ce qu’il qualifie de « paresse professionnelle et financière » du Gouvernement quant à la mobilisation des recettes, mais aussi les données de la Banque Centrale du Congo qui, assure-t-il, ne reflètent pas parfois la réalité économique.
Ce Projet, soumis par le Gouvernement à l’Assemblée nationale lors de cette session budgétaire, a été transmis à la Commission économique, financière et contrôle budgétaire pour un examen plus approfondi.
Cependant, il a suscité de vives critiques de la part de plusieurs élus nationaux. Le député Godé Mpoy, notamment, a exprimé plusieurs remarques et inquiétudes significatives.
Il a d’abord fustigé le Gouvernement du fait de s’appuyer uniquement sur les chiffres de la Banque Centrale du Congo, par exemple pour évaluer le taux d’inflation. Selon lui, les données de la BCC ne reflètent pas toujours la réalité économique. Il a insisté pour que le Gouvernement combine les données de la BCC avec celles de l’Institut National de Statistique, de l’IRS de la Faculté des Sciences Économiques de l’Unikin, ou d’autres institutions crédibles, afin d’obtenir une vision économique plus claire.
L’élu s’est ensuite dit étonné par la faiblesse de l’objectif de mobilisation des ressources propres fixé à 9 milliards USD pour 2026, alors que le PIB de la RDC s’élève à 90 milliards USD. Il a qualifié cela de « paresse professionnelle et financière » de la part du Gouvernement, estimant que le pays devrait, dans un tel contexte, pouvoir mobiliser au moins 20 milliards USD en ressources propres.
Enfin, concernant l’instauration du « Rescrit fiscal » par la DGRAD, Godé Mpoy a plaidé pour la mise en place en amont de services des décisions anticipées. Pour lui, un tel encadrement est indispensable pour gérer strictement cet « outil moderne », et éviter le risque de perdre des milliards USD par une mauvaise manipulation, citant l’exemple du Luxembourg en 2014, qui a fait face à ce type de scandale.
Tony-Antoine Dibendila
