Le Cadre de concertation des forces politiques et sociales a salué la tenue, le week-end dernier à Lomé, de la réunion de haut niveau des facilitateurs désignés par l’Union africaine sur la crise multidimensionnelle qui secoue la République démocratique du Congo.
Dans un communiqué publié ce mardi 20 janvier 2026, cette plateforme prend acte de la mise en place par l’Union africaine d’une architecture de médiation destinée à accompagner les efforts de paix dans l’Est du pays.
La structure considère cette rencontre comme un pas important vers une meilleure cohérence des initiatives régionales et internationales engagées pour la résolution du conflit.
Elle salue l’engagement de l’Union africaine ainsi que celui des personnalités mandatées, estimant que cette dynamique peut contribuer à faire avancer les perspectives de dialogue et de règlement pacifique de la crise.
Tout en reconnaissant la portée de cette convergence, le Cadre de concertation estime toutefois que l’architecture de médiation actuellement proposée gagnerait à être enrichie afin de mieux répondre à la nature profonde de la crise congolaise.
Il relève que l’organigramme rendu public tend à appréhender la paix essentiellement sous l’angle sécuritaire et à inscrire la RDC dans un cadre prioritairement régional, au risque de minimiser la prise en compte des causes historiques, institutionnelles et structurelles du conflit.
La plateforme plaide pour une lecture politique globale intégrant les dynamiques internes de gouvernance, de légitimité institutionnelle et de cohésion nationale.
Selon elle, ces éléments constituent des conditions indispensables à toute solution durable et crédible.
Le Cadre de concertation souligne par ailleurs l’importance de mieux articuler cette médiation avec les initiatives nationales de paix, en particulier le Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans la région des Grands Lacs, porté par la CENCO et l’ECC.
Il considère cette initiative comme un socle crédible, fondé sur une approche holistique prenant en compte l’ensemble des dimensions politiques, institutionnelles, historiques, sociales et sécuritaires de la crise.
Dans son communiqué, la plateforme insiste sur la nécessité d’une approche inclusive, intégrant les enjeux de gouvernance, les causes structurelles du conflit, les mécanismes de justice et de lutte contre l’impunité, ainsi que la participation effective des populations concernées.
Elle appelle également à la prise en compte des responsabilités différenciées des acteurs internes et régionaux dans une perspective de stabilité durable.
Tout en mettant en garde contre une approche reposant exclusivement sur des considérations sécuritaires ou techniques, le Cadre de concertation invite l’Union africaine à adapter l’architecture de médiation afin d’y intégrer un pilier politique, un pilier institutionnel et un mécanisme structuré de dialogue interne associant les forces politiques, sociales et religieuses nationales.
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