Opération Ngemba : l’armée affirme détenir des «preuves» de soutien de certains acteurs politiques aux actions criminelles du mouvement Mobondo

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) affirment disposer d’éléments, établissant l’implication de certains acteurs politiques dans le soutien au mouvement Mobondo, actif dans le sud-ouest du pays.

Ces révélations ont été faites dimanche 28 décembre à Kikwit par le capitaine Anthony Mualushayi, porte-parole de l’opération Ngemba, lors d’un point de presse consacré à l’évolution de la situation sécuritaire.

Selon l’officier, les personnes interpellées lors des opérations militaires ont livré des informations mettant en cause des figures influentes.

« La majorité des gens qui sont derrière les Mobondo sont souvent derrière le Président de la République. La journée, ils sont comme des agneaux et la nuit, ce sont eux qui commandent les Mobondo », a-t-il déclaré, précisant que plusieurs noms ont été cités par des miliciens capturés et interrogés par les services de sécurité.

Le capitaine Mualushayi a annoncé la publication prochaine des résultats des enquêtes menées par l’armée afin d’établir clairement les responsabilités.

Il a toutefois indiqué que ces conclusions feront d’abord l’objet d’un rapport soumis à la hiérarchie militaire et aux autorités compétentes avant toute communication officielle. « Nos services poursuivent les enquêtes. En temps voulu, un rapport sera transmis pour que les décisions appropriées soient prises », a-t-il souligné.

Malgré les ramifications politiques évoquées, l’armée affirme rester concentrée sur sa mission opérationnelle. Les FARDC considèrent désormais le mouvement Mobondo comme un groupe rebelle, voire terroriste, et se disent déterminées à y mettre un terme.

« Si Kinshasa donne raison à ceux qui soutiennent ce mouvement pour des intérêts politiques, nous, les militaires, ferons notre travail. Et notre travail ne se fait pas avec des stylos, mais avec des armes, conformément à la Constitution », a martelé le porte-parole de l’opération Ngemba.

Sur le terrain, la situation reste particulièrement violente. Le porte-parole de la onzième région militaire a dressé un bilan lourd des récents affrontements. En décembre, quinze miliciens Mobondo ont été tués et cinq soldats des FARDC ont perdu la vie lors de combats au village Bolingo.

Fin novembre, au moins vingt-quatre personnes, dont un militaire, avaient été tuées lors d’une attaque des miliciens au village Nkana. L’armée évoque également des exactions graves contre les civils.

Selon les FARDC, des femmes auraient été séquestrées dans une habitation avant que celle-ci ne soit incendiée par les assaillants, des faits qualifiés de particulièrement troublants.

Pour le capitaine Mualushayi, l’intensité et la brutalité des violences observées dans la zone ne diffèrent guère de celles enregistrées dans l’est de la RDC, en proie à des conflits armés persistants.

Dans ce contexte, l’opération Ngemba se poursuit avec l’objectif affiché de restaurer l’autorité de l’État, de protéger les populations civiles et de préserver l’intégrité territoriale, alors que les accusations d’ingérences politiques viennent complexifier davantage une crise déjà profonde.

FM

Parus récemment

Le Directeur Général de la DGI Barnabé Muakadi est déjà à Kananga, en attente de l’arrivée du Chef de l’État

Barnabé Muakadi est arrivé dans le chef-lieu de la province du Kasaï Central ce...

Kananga : Taupin Kabongo mobilise la population en prélude à l’arrivée du Président Tshisekedi

Arrivé dans l’après-midi du vendredi 23 janvier 2026 à Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, le...

RDC : première émission d’euro-obligations prévue en avril pour lever 750 millions de dollars

La République démocratique du Congo prévoit de lancer en avril sa toute première émission...

Dans la même rubrique