Offensive rwandaise sur Uvira : près de 200 civils tués en neuf jours de violences armées, selon une ONG

Près de deux cents civils ont perdu la vie et plus de deux cents autres ont été blessés lors de l’offensive de l’armée rwandaise et du M23/AFC entre le 2 et le 10 décembre 2025 dans la province du Sud-Kivu, à l’est de la République démocratique du Congo, selon un rapport publié lundi 15 décembre par l’organisation non gouvernementale Dignité humaine organisation (DHOrg).

Dans sa déclaration, l’ONG fait état d’un bilan provisoire de 199 morts et 203 blessés civils, enregistrés dans les territoires de Walungu, Kabare et Uvira, à la suite d’affrontements impliquant les Forces armées de la RDC (FARDC), les Forces nationales de défense du Burundi (FNDB), des groupes Wazalendo et les éléments de l’AFC/M23.

Selon DHOrg, la majorité des victimes auraient été touchées lors de combats et de bombardements menés dans ou à proximité immédiate de zones densément peuplées.

Entre le 2 et le 4 décembre, des affrontements signalés sur les axes Katogota–Luvungi, Kaziba–Haut Plateau et Kamanyola auraient causé la mort d’au moins 31 civils et fait 28 blessés, notamment à la suite de l’utilisation d’armes explosives.

Le 4 décembre, un bombardement ayant atteint l’école primaire Murhesa, dans la localité de Mudaka (territoire de Kabare), aurait blessé trois élèves et coûté la vie à un jeune homme, d’après les informations recueillies par l’ONG.

Le nombre de victimes aurait fortement augmenté entre le 5 et le 7 décembre, avec au moins 74 civils tués et 83 blessés dans les localités de Luvungi, Lubarika, Mutarule et Lemera.

Les violences se seraient poursuivies du 8 au 10 décembre, période durant laquelle DHOrg évoque la mort d’au moins 38 civils supplémentaires et plus de 89 blessés, à la suite de nouveaux bombardements.

Par ailleurs, neuf personnes auraient été tuées à proximité d’Uvira, parmi lesquelles figure un journaliste de la radio communautaire Kiliba FM, Janvier Lwesho, selon la même source.

Au-delà du lourd bilan humain, l’ONG dénonce des violations graves du droit international humanitaire, notamment l’occupation et l’utilisation militaires d’écoles et de structures sanitaires.

Ces pratiques auraient privé plus de 391 000 élèves de l’accès à l’éducation dans les zones affectées.

Les violences auraient également provoqué un déplacement massif de populations, estimé par DHOrg entre 200 000 et 500 000 personnes.

L’organisation qualifie les faits documentés de crimes de guerre et estime qu’ils pourraient, selon les cas, relever de crimes contre l’humanité au sens du Statut de Rome.

Face à cette situation, DHOrg appelle les autorités congolaises ainsi que les acteurs régionaux et internationaux à renforcer la protection des civils, à faire respecter strictement le droit international humanitaire, à démilitariser les écoles et les hôpitaux, et à ouvrir des enquêtes indépendantes et crédibles afin d’établir les responsabilités et de lutter contre l’impunité.

Franck Mubeneshay

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