Devant la Cour de cassation ce lundi 04 Août, « Constant Mutamba peine à formuler précisément ce qu’il reproche à la CENAREF. Incapable de présenter des accusations claires, l’ancien ministre préfère hausser le ton, se draper dans le rôle de victime et tenter de rallier l’opinion publique à sa cause », selon les proches de ce dernier.
Le nom du secrétaire exécutif de la cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) Adler Kisula, est pourtant cité à plusieurs reprises par le prévenu. Mais selon l’article 120 de la loi n°22/068 du 27 décembre 2022, modifiée par la loi n°25/048 du 1er juillet 2025, « ni lui ni aucun membre du personnel de la Cellule ne peuvent être appelés à témoigner en audience publique sur des faits de blanchiment de capitaux, de financement du terrorisme ou de prolifération d’armes, dont ils ont eu connaissance dans le cadre de leurs fonctions », poursuivent-ils.
En réalité, c’est bien la CENAREF qui a joué un rôle central dans le blocage des fonds et « la mise au jour du réseau mafieux ayant entraîné la démission de Mutamba du gouvernement. Un épisode que ce dernier semble encore avoir du mal à digérer », précisent les proches de Kisula.
Plus récemment, la même institution a interpellé le coordinateur de FRIVAO un proche de Mutamba, que ce dernier avait lui-même nommé. « Le jeune homme est passé aux aveux et a livré des révélations compromettantes. De quoi ébranler davantage l’ancien ministre, qui semble voir sa chute se rapprocher. À l’image d’un personnage de fable, il donne l’impression de vouloir entraîner dans sa chute même la structure qui a contribué à sa mise en cause », dénoncent l’entourage de Kisula.
Quelques questions s’imposent : comment un ancien ministre de la Justice peut-il ignorer le statut protégé des agents de la CENAREF, et même celui de son secrétaire exécutif ? La CENAREF devrait-elle violer la loi pour apaiser les exigences d’un prévenu ?
Comme le rappelle l’adage : « Dura lex, sed lex » , la loi est dure, mais c’est la loi.
La rédaction
