Les USA redessinent la carte mondiale des ressources technologiques autour d’une cinquantaine d’États, dont la RDC, et écartent «allègrement» le Rwanda [Grand Angle]

Un sommet de haut niveau sur les minéraux critiques a été organisé à Washington le mercredi 4 février. Les États-Unis, déterminés à sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales, ont dévoilé leur stratégie. Si la République démocratique du Congo figure au cœur de ce dispositif, l’absence remarquée du Rwanda soulève des questions de fond sur l’origine de ses exportations, placé 1er pays exportateur du coltan au cours de plusieurs années, malgré les lourds soupçons de pillages dans l’Est du Congo.

​Le département d’État américain se veut décisif en réunissant plus de 50 pays, ainsi que la Commission européenne, pour une concertation d’urgence sur les minerais stratégiques. Avec pour objectif, diversifier les sources d’approvisionnement pour réduire la dépendance critique vis-à-vis de la Chine et sécuriser les secteurs de l’énergie, du numérique et de la défense.

​Des acteurs majeurs tels que l’Australie, le Brésil, le Japon, la Corée du Sud et la République Démocratique du Congo ont répondu présent. Au cœur de cette architecture, les États-Unis ont annoncé la création du fonds « Vault » (coffre-fort, en français), doté de 12 milliards de dollars, destiné à constituer une réserve stratégique de terres rares et de minéraux essentiels.

L’un des faits marquants de ce sommet réside dans la liste des invités. Alors que le Rwanda se revendique souvent comme un exportateur de premier plan, notamment pour le coltan, il n’a pas reçu d’invitation. Cette mise à l’écart n’est pas passée inaperçue. Pour de nombreux observateurs, les USA prennent désormais au sérieux les accusations répétées contre le pays de Kagame, pointé du doigt par des rapports d’experts de l’ONU pour son rôle dans le pillage des ressources de la RDC via le violent groupe armé M23-AFC.

Le contraste est saisissant. En Afrique, la RDC, la Guinée et le Kenya sont placés au centre de la stratégie américaine. Tandis que le Rwanda est ignoré, ravivant les interrogations sur le « miracle » de ses exportations minières alors que son sous-sol ne semble pas justifier son rang de premier exportateur mondial de coltan.

​Au-delà de la géopolitique, la rencontre a mis l’accent sur la promotion d’investissements responsables. Les échanges ont porté sur le renforcement de la coopération internationale autour de l’extraction et du raffinage, mais avec une exigence accrue sur la traçabilité et l’éthique commerciale.

​En privilégiant des partenariats directs avec les pays détenteurs réels des gisements, comme la RDC, Washington semble vouloir assainir le secteur et mettre fin aux circuits opaques qui alimentent les conflits dans la région des Grands Lacs.

En investissant massivement via le fonds Vault tout en excluant les acteurs soupçonnés de commerce illicite, comme le Rwanda, les États-Unis redessinent la carte mondiale des ressources technologiques▪️

Tony-Antoine Dibendila

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