À Doha au Qatar, les pourparlers entre le Gouvernement congolais et le mouvement armé pro-Rwanda M23-AFC ont débouché, ce samedi 15 novembre, sur la signature d’un Accord-cadre de paix, devant marquer une étape majeure dans les efforts de stabilisation de l’Est de la République démocratique du Congo.
Les deux parties ont convenu d’une restauration progressive et coordonnée de l’autorité de l’État dans les zones affectées par les violences, un engagement considéré comme central pour ramener une paix durable.
L’accord prévoit que cette reprise du contrôle étatique se fera en collaboration directe avec le mouvement armé, afin d’assurer une transition ordonnée des services publics, de l’administration locale et des institutions nationales.
L’objectif, éviter les vides institutionnels et garantir une continuité des services essentiels aux populations.
Sur le plan sécuritaire, les négociateurs ont établi des dispositifs transitoires destinés à assurer l’ordre public et protéger les civils, alors que plusieurs localités restent encore exposées aux affrontements ou à l’absence d’autorité formelle.
Ces arrangements sur papier doivent créer un environnement propice au retour des déplacés et à la reprise normale des activités.
Kinshasa et le M23-AFC ont également convenu de la mise en place d’une commission nationale indépendante chargée de vérité, justice et réconciliation.
Cette structure aura pour mission d’établir les responsabilités dans les crimes et violations commis, de promouvoir la cohésion nationale et d’encadrer les mécanismes de réparation.
Les signaux contradictoires du M23-AFC
Quelques heures après la signature de cet Accord cadre de paix, un des principaux négociateurs du mouvement armé à Doha, face à la presse, assure que sur le terrain rien ne pourra bouger et le statu quo demeure le maître-mot, en contradiction totale des engagements qui viennent d’être pris et sous l’étonnement de l’opinion publique.
« Dans cet accord, il n’est assorti aucune clause contraignante. Il n’y aura ni modification de la situation sur le terrain, ni aucune activité quelconque », dit-il, faisant allusion aux zones occupées dans la région du Kivu.
Alors que cette signature devrait ouvrir une nouvelle séquence diplomatique et aussi la voie vers une paix retrouvée et durable, le M23-AFC se veut sceptique et fait la démonstration d’un désintérêt total.
La rédaction
