L’Accord économique entre la République démocratique du Congo et les États-Unis s’inscrit dans une dynamique géopolitique majeure, marquée par la primauté de la technocratie sur la simple technicité et par la recomposition des alliances internationales, selon le député national et professeur en Économie Godé Mpoy, qui voit dans cet accord un choix stratégique, loin d’être fortuit.
Selon lui, l’histoire des relations entre Washington et ses partenaires africains éclaire les enjeux actuels.
Il rappelle que les États-Unis ont soutenu le Zaïre pendant 32 ans et souligne qu’en avril 2026, le Rwanda totalisera également 32 années de soutien américain.
Pour cet élu national de la Funa, un district de Kinshasa, ce parallèle historique suggère que la RDC peut, à son tour, retrouver un prestige international comparable, à condition de s’engager résolument dans la méritocratie et dans une lutte rigoureuse contre la corruption.
Dans son analyse, Godé Mpoy insiste sur le fait que le rapprochement entre Washington et Kinshasa répond avant tout aux intérêts stratégiques américains.
Les États-Unis, explique-t-il, cherchent à consolider leur position au sommet du triangle géopolitique formé par les États-Unis, la Chine et la Russie, notamment en sécurisant l’accès à des ressources supplémentaires jugées vitales.
L’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa estime par ailleurs que les processus diplomatiques engagés à Washington et à Doha constituent désormais des cadres incontournables.
À ses yeux, tout acteur politique africain ou congolais qui s’y opposerait frontalement s’exposerait à une marginalisation progressive, voire à une disparition de la scène politique.
Enfin, Godé Mpoy met en garde contre les dérives internes susceptibles de fragiliser l’État congolais.
Il critique ce qu’il qualifie de « gouvernements théodules », estimant qu’ils conduisent inévitablement à des États faibles et incapables de défendre efficacement leurs intérêts sur la scène internationale.
À travers cette lecture, l’Accord de Washington apparaît ainsi, non comme un événement isolé, mais comme un signal fort invitant la RDC à repenser sa gouvernance, son positionnement diplomatique et son rôle dans les équilibres mondiaux contemporains.
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