Les priorités du secteur de la Justice en République Démocratique du Congo ont été au centre d’une conférence de presse, dans la soirée de mercredi 17 septembre à Kinshasa, avec pour principaux intervenants l’actuel ministre de la Justice Guillaume Ngefa, et son collègue de la Communication et Médias, Patrick Muyaya.
Face aux journalistes, Guillaume Ngefa a affiché sa détermination : « Ma priorité est la lutte contre la corruption dans le système judiciaire de notre pays, car le peuple a une perception négative de notre justice », a-t-il affirmé.
Lui qui se décrit comme « le ministre de la périphérie », a détaillé les grands axes de son action : la lutte contre la corruption, l’amélioration des conditions carcérales, la création d’un parquet financier et la modernisation de l’appareil judiciaire.
Évoquant la situation dans les établissements pénitentiaires à travers le pays, Guillaume Ngefa a dressé un constat préoccupant : « La situation de détention est très alarmante dans nos prisons », a-t-il déclaré. À titre d’exemple, il a cité la prison de Kasapa, qui héberge actuellement entre 2 700 et 2 800 détenus, avec plus de 800 cas de tuberculose enregistrés. Promiscuité, maladies et surpopulation constituent selon lui des fléaux à combattre en urgence.
Le ministre de la Justice a également abordé la question des crimes graves commis sur le territoire congolais, y compris par des éléments de l’armée rwandaise. Il a assuré que ces crimes seront poursuivis par la justice congolaise, tout en reconnaissant la complexité de la tâche : « Cela exige beaucoup de moyens, notamment en termes de collecte des informations »
A propos des récentes annonces du mouvement armé pro-Rwanda M23-AFC, qui procède au « recrutement de magistrats », Guillaume Ngefa a été catégorique : « La nomination des magistrats par le M23-AFC ne se base sur aucun soubassement juridique ».
Lorsque le ministre de la communication et médias Patrick Muyaya renchéri : « Ils ne peuvent pas recruter des magistrats. Tout ce que vous voyez ce sont les intentions du Rwanda et de sa brigade avancée, le M23-AFC, pour faire justice et laver leurs crimes ».
Le ministre de la Justice a réaffirmé son engagement à conduire une réforme profonde et crédible du secteur de la Justice, convaincu que la confiance du peuple dans l’institution judiciaire passe avant tout par la transparence, l’intégrité et la lutte implacable contre la corruption.
Tony-Antoine Dibendila
