La décision du président kényan William Ruto de nommer un consul général à Goma, chef-lieu du Nord-Kivu sous contrôle de la rébellion AFC/M23, a suscité une vive réaction à Kinshasa. Mais face aux inquiétudes congolaises, le gouvernement kényan a tenu à apporter des clarifications.
Dans un communiqué publié ce lundi 18 août 2025, signé par Dr Musalia Mudavadi, Premier secrétaire du Cabinet et ministre des Affaires étrangères et de la diaspora, Nairobi a rappelé que cette nomination présidentielle s’inscrit dans un processus institutionnel et diplomatique précis, mais qu’elle ne vaut pas encore affectation consulaire effective.
« Conformément à la Constitution du Kenya, aux pratiques et protocoles diplomatiques, une fois la nomination approuvée par le Parlement, le Kenya doit demander officiellement l’agrément de l’État hôte, y compris la RDC, avant l’affectation diplomatique. Dans le cas de Goma, la procédure nécessitera en outre la délivrance d’un exequatur par le gouvernement congolais », précise le communiqué.
Nairobi insiste ainsi sur le respect des normes internationales et de la Convention de Vienne, tout en défendant un processus « transparent, rigoureux et démocratique ».
La restructuration actuelle du service extérieur kényan, selon le communiqué, vise à « optimiser les performances et améliorer la prestation des services » sans « aucune motivation géopolitique défavorable » à l’égard de Kinshasa.
Le Kenya réaffirme par ailleurs son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la RDC, rappelant les « liens stratégiques » qui unissent les deux pays dans le commerce, la sécurité et l’intégration régionale.
Dr Mudavadi souligne enfin que le Kenya et la RDC disposent déjà de représentations croisées avec un consulat congolais à Mombasa depuis 2023 et un consulat général kényan à Goma depuis mars 2022 illustrant « un partenariat mutuellement bénéfique ».
Cette mise au point intervient alors que Kinshasa avait rappelé que toute nomination consulaire doit, avant toute prise de fonction, obtenir l’agrément préalable et l’exequatur de son ministère des Affaires étrangères.
Un rappel qui reflète la méfiance persistante, dans un climat de tensions diplomatiques anciennes entre les deux capitales.
Franck Mubeneshay
