Le gouverneur intérimaire de la Tshopo Didier Lomoyo a été officiellement invité à se présenter à Kinshasa, à la suite d’un télégramme signé lundi 1er décembre par le vice-premier ministre de l’Intérieur, Jacquemin Shabani. Le document évoque une simple « consultation », sans plus de précision. Le maire de Kisangani est également concerné par cette convocation. Cette démarche intervient dans un contexte sensible.
Lors d’une réunion publique tenue le même jour à la mairie, devant les bourgmestres et les agents municipaux, Didier Lomoyo, venu sensibiliser sur le processus de mécanisation des fonctionnaires, a commis une série de bourdes qui n’est pas passée inaperçue.
En évoquant les efforts menés par le ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, pour mécaniser les agents non pris en charge par l’État, le gouverneur a cité Joseph Kabila comme président de la République et a, quelques secondes plus tard, présenté Félix Tshisekedi comme « le nouveau président de la République », alors qu’il est à la tête du pays il y a de cela 7 ans.
Mais l’incident a pris une tournure encore plus préoccupante. Selon plusieurs témoignages, les journalistes présents à la réunion ont été par la suite retenus de force par les agents du gouvernorat.
Leurs téléphones ont été formatés et leurs cartes mémoires confisquées, empêchant toute diffusion d’images ou d’enregistrements de la scène.
Didier Lomoyo, aujourd’hui cadre de l’UDPS, est un ancien membre du PPRD, parti de l’ex-président Joseph Kabila.
Des bourdes, suivies des mesures prises contre les journalistes, alimentent depuis lors des interrogations et suscitent des tensions au sein de l’opinion locale.
Franck Mubeneshay
