Le Conseil de sécurité prolonge d’un an le mandat de la mission onusienne Monusco, en RDC

Alors que le conflit armé continue de s’intensifier dans l’est de la République démocratique du Congo, le Conseil de sécurité des Nations unies a décidé, vendredi 19 décembre, de proroger à l’unanimité le mandat de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) pour une durée supplémentaire d’un an. Une décision qui consacre la continuité plutôt qu’un changement de cap, dans un contexte sécuritaire jugé toujours préoccupant.

Cette prolongation intervient pourtant à contre-courant des intentions affichées quelques mois plus tôt.

En février 2024, le Conseil de sécurité avait acté le retrait progressif de la Monusco des provinces orientales où elle est présente depuis 1999, en commençant par le Sud-Kivu.

Ce désengagement, réclamé de longue date par les autorités congolaises et une partie de l’opinion publique, devait marquer une nouvelle phase de responsabilisation des forces nationales.

Mais la dégradation rapide de la situation sécuritaire a rebattu les cartes.

Dans sa nouvelle résolution, le Conseil de sécurité reconnaît explicitement l’évolution du contexte géopolitique et sécuritaire.

Le mandat de la mission reste désormais concentré sur le Nord-Kivu et l’Ituri, épicentres des violences armées actuelles, tout en autorisant des activités de surveillance liées au respect du cessez-le-feu au Sud-Kivu.

Une configuration territoriale qui reflète la dynamique fluctuante du conflit, caractérisée par des fronts mouvants et des tensions communautaires persistantes.

Plus de vingt-cinq ans après le déploiement des premières opérations de maintien de la paix en RDC, la Monusco demeure l’une des missions les plus importantes, mais aussi les plus exposées, du système onusien.

Sa présence continue de susciter des attentes élevées, autant que des frustrations, dans un pays où la paix durable reste insaisissable.

La prorogation du mandat ne constitue ni un blanc-seing ni un véritable tournant stratégique.

Elle traduit plutôt l’impasse actuelle : celle d’un conflit qui résiste aux calendriers politiques et diplomatiques, et d’une communauté internationale qui, faute d’alternative crédible et immédiatement opérationnelle, s’efforce davantage de contenir l’instabilité que d’en traiter les causes profondes.

Franck Mubeneshay

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