L’activisme syndical en danger : depuis sa cachette, le coordonnateur de l’Intersyndicale de la santé appelle le président Tshisekedi «à l’aide»

Contraint de vivre dans la clandestinité après avoir été la cible de plusieurs attaques d’hommes armés non identifiés, le coordonnateur de l’Intersyndicale de la santé Jean-Fidèle Boyoo a dénoncé, ce samedi 13 décembre depuis sa cachette, la violence ciblée contre son activisme syndical.

​Dans un message audio largement diffusé auprès des médias, il a révélé avoir été victime d’une nouvelle agression à son domicile dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 décembre 2025. ​« Cela devient sérieux. Je sollicite exclusivement l’intervention du Président de la République pour assurer ma sécurité, » s’est-il indigné.

« Je suis syndicaliste, Coordonnateur de l’Intersyndicale de la Santé, et je défends uniquement les droits des agents du secteur. Ce que je réclame s’inscrit dans le cadre d’un État de droit dans ce pays dirigé par Félix Tshisekedi Tshilombo. Je regrette profondément de devoir être victime de mon propre engagement syndical », poursuit-il.

​Au-delà de son calvaire personnel, Jean-Fidèle Boyoo a souligné la situation difficile de nombreux agents de la santé. Il a rappelé que plusieurs fonctionnaires, alignés depuis octobre 2024 et d’autres depuis 2025, sont victimes d’arriérés de paiement, n’ayant toujours pas perçu leurs primes dites « paie complémentaire ».

​« En d’autres termes, ils risquent de fêter cette année sans avoir reçu cette prime », a-t-il affirmé.

​Il a également pointé du doigt les lenteurs administratives : « Nous avons assuré le suivi au niveau du Budget, mais le dossier n’est même pas encore parvenu sur la table du vice-Premier ministre du Budget. Quand est-ce que cela arrivera au ministère des Finances ? »

​Jean-Fidèle Boyoo a insisté sur le caractère inadmissible de la situation. « Nos revendications ne peuvent pas devenir le motif d’attaques et de violences contre les syndicalistes. »

​Précisant avoir pu se mettre à l’abri : « Heureusement, la Police a mis à notre disposition quelques éléments pour notre protection. Nous nous sommes déplacés, nous sommes ailleurs, simplement parce que nous ne savons pas ce qui pourrait nous arriver. »

​Et de réitérer son appel urgent : « l’intervention du Président de la République s’avère indispensable pour ma vie et celle de ma famille. »

Tony-Antoine Dibendila

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