Le Gouvernement de la République démocratique du Congo a tiré la sonnette d’alarme, mardi 10 décembre 2025, face à l’escalade sécuritaire dans la région d’Uvira, attribuée à une offensive d’envergure menée depuis plusieurs jours par les Forces de défense du Rwanda (RDF) sur l’axe Kamanyola–Uvira.
Dans un communiqué sévère, le ministère de la Communication et Médias affirme que cette opération militaire viole le cessez-le-feu, les engagements pris dans le cadre des récents accords de paix, ainsi que les principes fondamentaux du droit international humanitaire.
Selon Kinshasa, les RDF auraient utilisé des « armes tactiques », notamment des drones kamikazes, provoquant des pertes importantes parmi les civils et d’importants dégâts matériels.
Le gouvernement évoque une situation humanitaire dramatique : plus d’une centaine de morts, plus de 200 000 nouveaux déplacés, des blessés sans accès aux soins et des infrastructures civiles gravement endommagées.
Les autorités congolaises expriment leur « solidarité et compassion » à l’égard des populations d’Uvira et des zones environnantes, prises sous le feu des attaques.
La crise prend également une dimension régionale préoccupante.
Kinshasa rapporte que, depuis le 4 décembre, des tirs d’artillerie en provenance de positions conjointes RDF–M23 ont franchi la frontière et touché le territoire burundais, illustrant, selon le communiqué, le « potentiel déstabilisateur » de cette agression dans la région des Grands Lacs.
Le gouvernement s’appuie par ailleurs sur la déclaration du Groupe de contact international (GCI), qui aurait, « sans ambiguïté », désigné la responsabilité du Rwanda dans l’escalade en cours.
Le communiqué va jusqu’à mettre en cause la sincérité du président rwandais Paul Kagame, accusé d’avoir « tourné le dos » aux Accords de Washington moins d’une semaine après leur signature.
Ces accords, parrainés par le président américain Donald J. Trump, étaient présentés comme un cadre majeur de désescalade.
Kinshasa dénonce ainsi un « choix délibéré » du Rwanda de saper les efforts diplomatiques en faveur de la paix.
Face à ce qu’il décrit comme une violation frontale des engagements internationaux, le gouvernement congolais appelle les facilitateurs des processus de Washington, de Doha et la médiation africaine à utiliser « l’ensemble de leur arsenal politique et diplomatique » pour restaurer la crédibilité des processus de paix.
Il réclame également au Conseil de sécurité de l’ONU des mesures « rapides et résolues » afin d’assurer l’application de la résolution 2773 (2025), notamment concernant la protection des civils et la cessation des hostilités.
Tout en réaffirmant son attachement aux accords signés, le gouvernement conclut sur un avertissement clair : la RDC « ne renoncera jamais » à son droit à la sécurité, à la protection de sa population et à la défense de l’intégrité de son territoire.
Franck Mubeneshay
