Une vive controverse secoue le Fonds national d’assainissement de Kinshasa (FONAK) à la suite d’une mission d’audit diligentée par la Présidence de la République, qui aurait provoqué des tensions entre l’ancien directeur général de cette structure, Jack Mabaya, et le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, selon des sources proches du dossier.
D’après l’entourage de Jack Mabaya, la mission présidentielle avait pour objectif d’évaluer la gestion du FONAK et de vérifier le circuit de fonds alloués par le gouvernement central à cet établissement public.
Cette démarche s’inscrirait notamment dans un contexte de préoccupations liées à des montants qui n’auraient pas été retracés dans les comptes de la structure.
Selon les mêmes sources, une somme estimée à 2,7 millions de dollars américains, destinée au fonctionnement du FONAK, n’aurait jamais été effectivement perçue par l’institution, ce qui aurait motivé l’envoi à Kinshasa d’une délégation mandatée par la Présidence.
L’entourage de l’ancien directeur général affirme que ce dernier avait informé le gouverneur de l’arrivée imminente de cette mission.
Il lui aurait été demandé de recevoir la délégation par courtoisie, sans s’engager dans une collaboration approfondie, et de l’orienter vers le cabinet du gouverneur.
Toutefois, à l’arrivée de la mission, Jack Mabaya aurait été soumis à un questionnaire jugé particulièrement détaillé, assorti d’un délai de réponse de 24 heures.
Toujours selon ses proches, il aurait aussitôt porté cette situation à la connaissance du gouverneur, dont la réaction aurait été très hostile à l’idée d’une collaboration avec la délégation présidentielle.
La situation se serait davantage dégradée lorsque Jack Mabaya aurait été convoqué au bureau privé du gouverneur sans être reçu pendant plusieurs heures, avant de faire un malaise nécessitant une prise en charge médicale de courte durée dans une structure hospitalière de la capitale.
Le lendemain, l’ancien directeur général aurait découvert qu’un acte administratif, signé par le ministre provincial de l’Environnement, le déclarait malade et organisait son intérim à la tête du FONAK.
Une décision que ses proches qualifient de contraire aux textes en vigueur, affirmant qu’il n’existait aucune notification officielle de suspension.
Par la suite, d’autres désaccords seraient apparus autour de la gestion de fonds provenant d’un opérateur de téléphonie, dont l’utilisation aurait fait l’objet d’instructions contradictoires entre l’Hôtel de ville et la tutelle sectorielle, selon la même source.
Dans ce climat de fortes tensions, Jack Mabaya a finalement présenté sa démission de ses fonctions, une décision dont le gouverneur de Kinshasa a pris acte.
L’ancien directeur général a depuis repris son siège à l’Assemblée provinciale de Kinshasa.
Son entourage affirme qu’aucune procédure disciplinaire formelle n’a jamais été engagée contre lui et s’interroge sur les circonstances ayant entouré son départ, tout en exprimant des inquiétudes quant à sa sécurité personnelle.
De leur côté, ils soutiennent que Jack Mabaya n’a fait qu’exécuter des instructions relevant de la hiérarchie nationale.
Franck Mubeneshay
