Le parti AREP (Agissons pour la République) a annoncé, ce vendredi 17 octobre 2025, la suspension provisoire du député national Reagan Bakonga à la suite des violences armées survenues la veille à Limete, lors du lancement des travaux de réhabilitation de l’avenue Kulumba, une initiative soutenue par le sénateur Gecoco Mulumba.
Selon une correspondance officielle signée par la Secrétaire générale adjointe du parti, Dorothée Madiya, cette mesure disciplinaire fait suite à des « affrontements physiques entre des adeptes de M. Bakonga et d’autres personnes », survenus sans que le parti n’ait été informé ni autorisé une quelconque activité dans cette zone.
« Le Parti constate avec étonnement votre comportement », peut-on lire dans la lettre, qui dénonce une « atteinte sérieuse à la discipline, à l’image et à l’intégrité du Parti ».
La décision, à effet immédiat, suspend le député Bakonga de toutes ses fonctions et de sa participation aux activités de l’AREP pour une durée d’un mois, dans l’attente des conclusions d’une enquête interne.
Le document mentionne également que l’incident a provoqué des blessures graves et une perturbation généralisée de l’ordre public, ce qui a poussé le parti à agir pour « garantir la sécurité et la sérénité au sein de ses structures ».
Cette décision politique intervient dans un contexte de tension à Limete.
Le 16 octobre, une altercation violente a éclaté entre les partisans du sénateur Gecoco Mulumba et ceux de Reagan Bakonga, lors du lancement officiel du chantier de l’avenue Kulumba.
Des tirs nourris avaient été signalés sur le site par plusieurs témoins, faisant six blessés par balles et des dégâts matériels considérables.
Le bourgmestre adjoint de Limete, Isaac Mukendi, a confirmé qu’il s’agissait d’une attaque armée dirigée contre la délégation du sénateur Mulumba, accusant directement le député Bakonga d’avoir amené « deux jeeps remplies de militaires FARDC » sur les lieux.
Réagissant à ces violences, le sénateur Gecoco Mulumba a dénoncé une « tentative d’intimidation politique » :
« Nous étions venus lancer un projet de développement pour notre population, pas pour assister à des scènes de guerre », a-t-il déclaré, appelant les autorités à ouvrir une enquête impartiale.
De son côté, Reagan Bakonga a rejeté toute responsabilité, affirmant avoir été attaqué par des militants du sénateur.
Une version largement contredite par plusieurs témoins et désormais fragilisée par la sanction de son propre parti.
Franck Mubeneshay
