Le gouvernement de la République démocratique du Congo a dénoncé, mercredi, une intensification « inacceptable » des attaques attribuées à l’armée rwandaise sur l’axe Kamanyola–Uvira, dans la province du Sud-Kivu, moins d’une semaine après la signature à Washington d’un accord censé mettre fin aux hostilités dans l’est du pays.
Intervenant dans l’émission « Spécial Congolais Téléma » sur la télévision publique, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a accusé Kigali de viser délibérément des zones civiles, notamment depuis le territoire rwandais de Bugarama.
Selon Kinshasa, les bombardements et tirs de drones kamikazes ont ciblé des hôpitaux, des centres de santé et des habitations, causant la mort de plusieurs civils et blessant au moins 83 personnes en deux jours un bilan que les autorités estiment susceptible de s’alourdir.
Cette escalade a provoqué la fuite de plus de 200 000 personnes autour d’Uvira, aggravant une situation humanitaire déjà critique dans une région où plus de sept millions de Congolais étaient déjà déplacés par divers conflits.
Patrick Muyaya a affirmé que les attaques rwandaises ne se limitaient pas à l’axe Kamanyola–Uvira : « Plusieurs points sont attaqués simultanément, de Walungu à Shabunda, de Masisi à Lubero. »
Pour le porte-parole du gouvernement, cette offensive traduit une stratégie visant à « semer la mort et la désolation ».
Il a dénoncé « une violence inouïe portée par l’armée rwandaise » et appelé à la vigilance pour éviter que les populations « tombent dans le piège du poison rwandais ».
Face à cette détérioration sécuritaire, Kinshasa affirme maintenir « une mobilisation totale » au sommet de l’État.
« Le Président de la République, la Première ministre, tout le monde est mobilisé pour suivre la situation de près », a assuré Patrick Muyaya, saluant « la bravoure et le patriotisme » des militaires et volontaires déployés sur le terrain.
Le gouvernement réitère sa détermination à défendre l’intégrité territoriale du pays : « Nous ne céderons aucun centimètre de notre territoire. Au bout de cette situation, notre pays sera vainqueur. »
La crise intervient seulement six jours après la signature d’un accord de paix à Washington, dont l’une des premières exigences était le retrait des troupes rwandaises et la cessation immédiate des hostilités.
« Six jours après, le constat est amer », a déploré Muyaya, accusant Kigali de poursuivre son soutien militaire au M23 et de défier ouvertement les engagements pris.
Kinshasa appelle désormais à une mobilisation nationale et internationale face à ce qu’elle qualifie d’« agression directe ».
Le gouvernement affirme suivre la situation « heure par heure » tout en appelant les partenaires régionaux et internationaux à prendre leurs responsabilités pour éviter une escalade encore plus large dans la région des Grands Lacs.
La rédaction
