Ils combattent «en réseaux» ceux qui «aident réellement» le Chef de l’État – Depuis la prison, Constant Mutamba s’en prend à certains collaborateurs de Tshisekedi

L’ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux Constant Mutamba, actuellement incarcéré, a adressé une correspondance au magazine Jeune Afrique ce vendredi 7 novembre. Depuis sa cellule, il y dénonce ce qu’il qualifie de tentative d’assassinat « politique et physique avorté », orchestrée par certains collaborateurs proches du Chef de l’État, Félix Tshisekedi.

​Constant Mutamba met directement en cause l’instrumentalisation de la justice dans son procès et son arrestation, qu’il juge « injuste et illégale ».

​Dans sa lettre, l’ancien ministre, qui affirme avoir choisi « la plume comme canal » après avoir été privé de tout moyen de communication, maintient que son incarcération est le fruit de machinations politiques.

​« Les réseaux mafieux politiques et judiciaires qui ont détruit notre pays, et que nous avons ensemble combattus, aux côtés du Chef de l’État, m’ont imposé un procès illégal et ont déployé plus de 2 millions USD dans les médias pour me salir dans l’opinion et me faire disparaître de la scène politique », écrit-il.

​Il estime que ce procès met en lumière la « fragilité de notre système judiciaire et de la solidarité gouvernementale », soulevant des interrogations sur les priorités de gouvernance dans le pays.

​Constant Mutamba insiste sur le fait que le président Tshisekedi serait « le mal compris de ses collaborateurs censés l’aider et le protéger ». ​Il accuse ces collaborateurs de combattre ceux qui « l’aident réellement » en refusant de prendre des risques pour le Chef de l’État. Ces derniers, affirme-t-il, « fabriquent des dossiers souvent faux » dans le but d’éloigner ces soutiens de la Cour. « Ils travaillent en réseaux », conclut-il.

L’ancien ministre dit être détenu « sans base légale » depuis le 2 septembre, dans des conditions qu’il décrit comme inhumaines : absence de soins, d’air libre et de communication.

Il y voit le symptôme d’un appareil judiciaire « miraculeusement transformé pour servir des intérêts politiques », qu’il accuse de fabriquer des dossiers pour éliminer des adversaires.

Dans ce texte au ton de manifeste, Mutamba élargit son propos à la situation du pays, dénonçant ce qu’il appelle un « cancer destructeur » de corruption et d’injustice qui ronge la République démocratique du Congo et l’Afrique. Il compare ce fléau à un « colonialisme persistant » dont les victimes sont les populations sans défense.

« Par votre courage, vous prouvez au monde que cette génération est prête à prendre les rênes », écrit-il. Il appelle à une réforme profonde de la justice, fondée sur la transparence et l’équité.

S’adressant indirectement au président Tshisekedi, il estime que ce dernier est « mal compris et mal entouré » par ses collaborateurs, qu’il accuse de protéger des « acteurs malveillants » et de fabriquer de faux dossiers contre « ceux qui veulent réellement l’aider ».

« Ce procès n’a pas humilié un homme, mais tout un pays », déclare-t-il, avant de s’interroger : « Est-il sage de perdre un lieutenant de premier rang en temps de guerre, sous quelque prétexte que ce soit ? »

Tony-Antoine Dibendila et Franck Mubeneshay

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