Le vice-gouverneur Martin Kazembe assure désormais l’intérim à la tête de la province du Haut-Katanga, après l’indisponibilité du gouverneur Jacques Kyabula Katwe, convoqué récemment à Kinshasa par le vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani.
L’information a été officialisée par un télégramme signé du vice-ministre en charge des Affaires coutumières Jean-Baptiste Ndeze, adressé à l’hôtel du gouvernement provincial, indiquant l’indisponibilité du gouverneur et notifiant la passation des responsabilités à son adjoint.
Selon plusieurs sources concordantes, Jacques Kyabula a été invité à rejoindre la capitale dans la foulée d’un discours prononcé à Lubumbashi, dans lequel il déclarait que « le véritable ennemi du Congo, c’est le Rwanda », ajoutant que Joseph Kabila et Corneille Nangaa sont des « fils de la maison » avec qui « on peut traiter à l’intérieur. »
Ces propos, jugés sensibles dans le contexte actuel, auraient motivé une réaction rapide de Kinshasa, bien que les motifs officiels de la convocation n’aient pas été communiqués.
L’entourage du gouverneur évoque pour sa part des raisons de santé qui auraient empêché son déplacement immédiat vers la capitale.
Martin Kazembe, désormais en charge de l’intérim, devra assurer la continuité administrative et politique de la province dans un contexte délicat.
La situation du gouverneur Kyabula reste floue, entre pression politique, enjeux sécuritaires, et équilibres internes au sein de l’Union sacrée.
En attendant des clarifications officielles sur les suites de cette affaire, plusieurs observateurs s’interrogent sur les conséquences politiques de cette mise en retrait temporaire du chef de l’exécutif provincial du Haut-Katanga, l’une des provinces stratégiques du pays.
Franck Mubeneshay
