Au mois de décembre, une seule régie financière de la République démocratique du Congo a atteint ses assignations budgétaires, selon le député national et professeur Godé Mpoy, qui attribue cette contre-performance à l’appréciation artificielle du franc congolais (FC) liée au taux de change appliqué par la Banque centrale du Congo (BCC).
Dans une prise de position rendue publique, l’élu affirme que contrairement aux graphiques « mensongers » qui circulent, la RDC a enregistré une baisse significative de ses recettes au cours du dernier mois de l’année 2025.
En cause, soutient-il, la politique monétaire de la BCC qui aurait réduit mécaniquement la valeur en monnaie nationale des recettes perçues, affectant ainsi la capacité de mobilisation budgétaire des régies financières.
Face à ce manque à gagner, Godé Mpoy indique que l’État a eu recours au préfinancement auprès des contribuables.
Certaines régies, jugées défaillantes en raison de ce qu’il qualifie de taux artificiel, auraient sollicité le paiement anticipatif d’impôts normalement dus en 2026, afin de combler les déficits constatés en décembre.
Le député national met en garde contre les conséquences de cette pratique, estimant qu’elle risque de fragiliser l’exécution du budget 2026, privé par avance d’une partie de ses ressources attendues.
Une situation qui, selon lui, pose la question de la sincérité des performances affichées et de la soutenabilité des choix de politique monétaire et budgétaire.
Dans sa conclusion, Godé Mpoy appelle implicitement à une lecture plus réaliste des chiffres des finances publiques et à une meilleure coordination entre politique de change et mobilisation des recettes.
Franck Mubeneshay
