Félix Tshisekedi appelle à un «sursaut de conscience» en cette Journée du Génocost

Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi a appelé ce samedi 02 août, à « un sursaut de conscience » face à la persistance des violences dans l’Est du pays, lors de la cérémonie officielle de commémoration de la Journée nationale du Génocost, organisée à Kinshasa par le Fonds national de réparation des victimes des conflits (Fonarev).

S’exprimant devant les autorités, la société civile, les associations de victimes et des survivants, le Chef de l’État a dénoncé « plus de trois décennies d’une guerre d’agression transformée en entreprise prédatrice à visée économique » et la poursuite de cette logique « sous d’autres formes », notamment à travers « les massacres, violences sexuelles systématiques, enrôlements forcés d’enfants et destructions » imputés aux forces rwandaises et à leurs supplétifs du M23-AFC.

Citant le rapport Mapping des Nations unies et les travaux d’experts congolais, Félix Tshisekedi a affirmé que « des communautés entières ont été ciblées, parfois jusqu’à l’extermination », rappelant que « le Génocost n’est pas qu’un épisode du passé » et que ces exactions « menacent les efforts de paix, notamment l’accord de Washington ».

Il a invité la nation à répondre à « un triple appel : mémoire, dignité, justice » et à préserver le souvenir des massacres de Kasika, Makobola, Katogota et d’autres localités devenues « les stigmates d’un drame humain ».

« Le contraire de l’amour, ce n’est pas la haine, c’est l’indifférence ; le contraire de la vie, ce n’est pas la mort, c’est l’oubli », a-t-il insisté, saluant le travail des acteurs de mémoire qui ont « maintenu vivante la flamme de la vérité et de la justice ».

Le président Tshisekedi a par ailleurs instruit le gouvernement de mener un « dialogue diplomatique ciblé » avec les représentations étrangères accréditées à Kinshasa, afin de les sensibiliser aux enjeux de ce combat et d’en faire « des relais actifs auprès de leurs capitales ».

La cérémonie a également été marquée par l’intervention de Patrick Fata, directeur général du Fonarev, qui a qualifié le Génocost de « plaie nationale qui ne peut guérir sans vérité, sans reconnaissance et sans justice ».

Il a annoncé que « plus de 200 victimes détentrices de décisions de justice » recevaient actuellement leur indemnisation dans les provinces du Kongo Central, de l’Ituri et du Grand Kasaï, sur un total de 312 ciblées.

Selon M. Fata, le Fonarev a documenté « 1.555 incidents dans 11 provinces », identifié « 416.781 personnes pré-enregistrées » et répertorié « 139 camps de déplacés accueillant plus de 2 millions de personnes » autour de Goma, Beni et Bunia.

En marge de la commémoration, un Mémorial en hommage aux victimes des conflits a été inauguré à Kinshasa, destiné à « honorer la mémoire des disparus » et à « sensibiliser à l’importance de la justice réparatrice ».

Le public a également assisté à la projection de deux films retraçant les atrocités commises dans les zones sous occupation rwandaise et à des témoignages de victimes.

Franck Mubeneshay

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