En RDC, l’Inspection générale des finances entre dans une nouvelle ère, celle du «contrôle systémique»

L’année 2026 est considérée, à l’Inspection générale des finances (IGF), comme celle du début d’une nouvelle phase, celle du contrôle systémique. Une réorientation adéquate qui vise à placer l’action de l’IGF au cœur de nouvelles méthodes de la gestion des finances publiques en RDC. Le contrôle concomitant ou patrouille financière, a été un épisode crucial dans la lutte contre les détournements des deniers publics, permettant de mettre au grand jour des pratiques frauduleuses longtemps bien entretenues.

Une experience solide qui a toutefois montré ses fragilités, au regard des mécanismes de contournement de plus en plus structurés développés par certains fraudeurs.

Conséquence, l’IGF veut mettre en place le contrôle systémique, un mécanisme qui repose sur la conviction selon laquelle tout détournement est le résultat d’un dysfonctionnement du système. Aussi longtemps que ce dysfonctionnement n’est pas identifié et amélioré, les mêmes pratiques frauduleuses vont se reproduire.

Ainsi, sanctionner la fraude sans réparer le dysfonctionnement à la base, revient à repousser le problème, et non à le résoudre définitivement.

Dans les faits, le contrôle systémique combine le contrôle a priori, le contrôle concomitant et le contrôle a posteriori. A ce niveau, le contrôle systémique change la logique du contrôle public dans son ensemble. Il s’agit désormais ici, d’anticiper, de surveiller de manière perpétuelle et de corriger efficacement.

Une approche nouvelle qui exige une transformation en profondeur des méthodes de travail, soutenues par le numérique.

Dématérialiser les procédures, mettre en connexion les systèmes financiers de l’État (douanes, Trésor public, Banque centrale, administrations fiscales) et exploiter intelligemment les données, permettront à l’IGF de détecter les risques en amont, d’orienter ses interventions et de rendre le contrôle plus ciblé, plus rapide et plus solide sur le terrain.

Ainsi, le contrôle systémique appelle à un investissement massif dans les compétences. Les inspecteurs des finances et les agents administratifs sont concernés. La maîtrise des outils informatiques, l’adaptation aux nouveaux processus et l’appropriation d’une culture numérique du contrôle constituent désormais des exigences professionnelles au cœur des enjeux.

L’IGF, en décrétant 2026 comme une année du contrôle systémique, veut passer d’un contrôle réactif à un contrôle dynamique, préventif, durable et intelligent.

La rédaction

Parus récemment

Guy Kabombo en mission à Brazzaville pour renforcer la coopération militaire et transfrontalière

Le Vice-Premier Ministre, ministre de la Défense nationale et des Anciens Combattants Guy Kabombo...

RDC : Judith Suminwa convoque les opérateurs télécoms sur une intrusion numérique et l’usage illégal des fréquences nationales

La Première Ministre Judith Suminwa Tuluka, a réuni le Ministre des Postes, Télécommunications et...

​Kwilu : le trafic coupé entre Batshamba et Gungu après l’accident d’un poids lourd

Le territoire de Gungu dans la province du Kwilu, est actuellement le théâtre d’une...

Dans la même rubrique