Le monde médiatique congolais est en deuil. Le journaliste Jacques Mukaleng Makal, l’un des plus illustres représentants de la Radio Télévision Nationale Congolaise (RTNC), est décédé, a confirmé sa famille ce dimanche.
La nouvelle plonge dans l’émotion une génération de professionnels et de citoyens qui ont grandi avec sa voix, reconnaissable entre mille.
Homme de médias respecté, Jacques Mukaleng Makal aura traversé les époques sans jamais perdre de sa rigueur ni de son humilité.
Discret mais omniprésent dans les grands moments institutionnels, il a prêté sa voix à la République pendant plus de quatre décennies, accompagnant les communications officielles sous les mandats de Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré Kabila, Joseph Kabila et Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Son nom était peut-être moins connu du grand public que sa voix, grave, posée, solennelle, qui résonnait lors de la lecture des ordonnances présidentielles.
À la RTNC, il était bien plus qu’un journaliste : un symbole vivant du service public, un modèle d’exactitude, d’élégance professionnelle et d’attachement à l’État.
Selon plusieurs anciens collègues, Mukaleng Makal était aussi un formateur dans l’âme, un mentor exigeant mais bienveillant, qui a inspiré plusieurs générations de journalistes congolais.
« C’est un monument qui s’en va. Il incarnait la dignité et la neutralité dans le traitement de l’information officielle », a réagi un ancien cadre de la RTNC.
Peu enclin aux plateaux et aux débats médiatiques, il préférait rester dans l’ombre des micros, fidèle à son éthique de sobriété.
Son parcours, exceptionnel par sa longévité et son influence silencieuse, n’a jamais été entaché par une polémique. Une rareté dans un paysage médiatique souvent agité.
Il est également salué pour avoir su incarner la continuité de l’État au-delà des régimes, dans une posture de journaliste de l’institution, au service de la République et non d’un pouvoir.
Depuis l’annonce de son décès, les messages d’hommage affluent. Le ministère de la Communication et des Médias a salué « un serviteur de l’État exemplaire, dont la voix restera gravée dans la mémoire nationale ».
La RTNC, de son côté, a annoncé une édition spéciale en sa mémoire, avec la rediffusion de certaines de ses interventions historiques.
Les modalités de ses obsèques officielles ne sont pas encore communiquées, mais plusieurs voix s’élèvent déjà pour demander qu’un hommage national lui soit rendu.
Jacques Mukaleng Makal laisse derrière lui une œuvre vocale immense, un héritage professionnel intact et une leçon silencieuse de ce que signifie servir avec loyauté, compétence et dignité.
La République démocratique du Congo perd l’un de ses plus fidèles porte-voix.
Franck Mubeneshay
