COP30 : Félix Tshisekedi plaide pour un financement climatique de 300 milliards USD par an et dénonce une “guerre écologique” en RDC

Le Président de la République démocratique du Congo Félix-Antoine Tshisekedi a appelé, le jeudi 06 novembre à Belém au Brésil, à un décaissement urgent de 300 milliards de dollars par an pour le financement climatique mondial.

Il s’exprimait lors de la 30ᵉ Conférence des Parties sur le changement climatique (COP30), en présence de plusieurs chefs d’État, experts et représentants d’organisations internationales.

Dans son allocution, le chef de l’État congolais a insisté sur la nécessité de passer des promesses à l’action, rappelant les engagements pris lors de la précédente conférence de Bakou.

« Nous devons agir. Je recommande l’application effective des engagements pris à Bakou, en l’occurrence le décaissement de 300 milliards de dollars par an. Je formule vivement le vœu que la COP30, ici à Belém, marque un départ dans notre volonté commune de léguer aux générations futures une planète où il fera beau vivre », a déclaré Félix Tshisekedi.

Le Président congolais a également profité de la tribune mondiale pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation environnementale dramatique que traverse son pays, en raison du conflit imposé à l’Est par le Rwanda.

Il a qualifié cette situation de « guerre écologique », dénonçant les ravages causés sur les forêts, les parcs nationaux et les aires protégées du pays.

« Mon pays est aussi victime d’une guerre écologique, en ce qu’elle détruit nos forêts, nos aires protégées, nos parcs, etc. », a-t-il affirmé, soulignant que ces destructions constituent un « écocide profond » qui compromet le rôle vital de la RDC dans la régulation du climat mondial.

Félix Tshisekedi a salué l’initiative des États insulaires du Pacifique notamment le Vanuatu, les Fidji et les Samoa visant à reconnaître l’écocide comme un crime international autonome, estimant qu’une telle reconnaissance serait un pas décisif vers la protection juridique de l’environnement planétaire.

« Détruire délibérément une forêt primaire, une tourbière millénaire ou une aire protégée essentielle au stockage du carbone revient à compromettre l’avenir de l’humanité », a-t-il averti, appelant les pays développés à honorer leurs engagements financiers et moraux envers les nations porteuses d’écosystèmes cruciaux, comme la RDC.

La République démocratique du Congo, considérée comme pays-solution grâce à ses immenses forêts et à ses tourbières, a une nouvelle fois réaffirmé sa volonté de concilier développement économique et préservation écologique, mais appelle à une solidarité internationale réelle pour y parvenir.

Franck Mubeneshay

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