Alors que les regards du monde étaient tournés vers la signature de l’Accord de paix entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda jeudi soir, à l’Institut de paix des États-Unis à Washington, une autre signature de haut niveau s’est déroulée dans une salle connexe. Des officiels congolais et américains ont paraphé, en bilatéral, le très attendu et commenté « Accord de partenariat stratégique » surnommé « le Deal USA-RDC ».
L’annonce de cette avancée historique a été faite lors d’une conférence de presse tenue par le Gouvernement congolais dans la capitale américaine, avec la participation du vice-Premier ministre de l’Economie, de la ministre d’État aux Affaires étrangères, du ministre de la Communication et du Gouverneur de la Banque centrale.
Cet accord marque une nouvelle dimension dans les relations entre Kinshasa et Washington. Il symbolise un degré élevé de « confiance politique » entre les deux gouvernements, avec des objectifs clairement définis sur le long terme, notamment sur les plans économique et sécuritaire.
Ce nouveau partenariat stratégique vient officiellement remplacer le précédent accord qui liait économiquement les deux nations depuis 1984, un Accord de promotion et de protection réciproque des investissements.
Avec cette signature, les relations bilatérales RDC-USA franchissent une étape supérieure, couvrant désormais des domaines essentiels tels que l’économie et le commerce, la défense et la sécurité, les sciences et la technologie, les questions institutionnelles et de gouvernance.
Un point clé de cet accord est l’alignement des intérêts congolais et américains sur le long terme. De manière significative, ce partenariat permet aux États-Unis de sécuriser l’accès à des minéraux critiques, la RDC étant reconnue comme le réservoir mondial de ces matières premières indispensables aux technologies modernes.
En plus de l’Accord de partenariat stratégique, un Mémorandum d’entente USA-RDC sur les questions de défense et de sécurité a également été signé.
L’ensemble de ces documents met en place un cadre pragmatique destiné au développement et à l’intensification des relations économiques à long terme entre les deux pays. Cette double signature ouvre ainsi une ère nouvelle de coopération renforcée entre la RDC et les États-Unis.
Que contient ce fameux “Deal” RDC-USA ?
Les quelques détails recueillis pour l’instant, renseignent que ce Document consacre un accès préférentiel des investisseurs américains aux minerais critiques congolais, via notamment la création de « Réserve d’actifs stratégiques (SAR) », faisant passer Washington pour « bénéficiaire de droit de première offre » sur les matières premières congolaises, critiques y compris, comme le cuivre, l’or, le cobalt et autres. Ceci, couplé des incitations fiscales et douanières spécifiques.
Le “Deal” reconnaît clairement le rôle central de la République Démocratique du Congo dans la sécurisation des chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais critiques.
Les USA prennent ainsi l’engagement de mobiliser les financements publics et privés pour la mise en œuvre de plusieurs projets congolais d’envergure comme la construction du gigantesque barrage hydroélectrique Grand Inga, la connectivité de la région du Kivu au corridor ferroviaire de Lobito, l’accélération de l’industrialisation du pays et du traitement local des matières premières…
Tony-Antoine Dibendila
