Le ministre des Mines Louis Watum Kabamba et celui de la Communication et des médias Patrick Muyaya, ont co-animé une conférence de presse jeudi soir à Kinshasa. L’événement était consacré à la mission du ministre des Mines effectuée dans l’espace Grand Katanga et aux récents incidents survenus à Lubumbashi et au Lualaba.
Abordant les priorités de son Ministère, notamment la garantie de retombées du secteur minier pour les communautés locales et l’exploration géologique, le ministre Watum a d’abord mis l’accent sur la catastrophe environnementale causée par la société minière Congo Dongfang Mining (CDM) à Lubumbashi. Il a vivement dénoncé le déversement de matières toxiques dans les cours d’eau.
Le ministre Watum a cependant souligné une responsabilité partagée, insistant sur le fait que l’administration congolaise aurait dû « anticiper cette catastrophe ».
Un incident qui survient dans un contexte de forte mobilisation suite à la pollution.
Concernant l’éboulement meurtrier survenu sur le site minier de Mulonda, qui a coûté la vie à des dizaines de creuseurs artisanaux, et l’incident aérien survenu à Kolwezi lors de sa mission, le ministre des Mines a assuré que « les efforts se poursuivent pour établir les responsabilités. »
Un point marquant de la conférence a été la justification de la suspension des exportations de cobalt et l’instauration d’un mécanisme de quotas. Selon les deux membres du Gouvernement, cette stratégie visait à « peser sur le cours de cette matière première à l’international », la RDC étant le premier producteur mondial.
Conséquence directe, le cours international de la tonne de cobalt a explosé, passant de moins de 20 000 dollars américains à près de 50 000 dollars.
Louis Watum Kabamba a également souligné les efforts de la République Démocratique du Congo en faveur du développement du secteur des batteries électriques. Pour mieux encadrer le secteur et améliorer la sécurité, il a mis en avant l’accroissement du nombre des Zones d’exploitation minière artisanale (ZEA), visant à offrir plus de sécurité et d’encadrement aux creuseurs; et le rôle crucial de l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) dans la formalisation et la traçabilité de cette exploitation.
Patrick Muyaya a pour sa part mis le point sur les défis environnementaux et sécuritaires du secteur minier dans le Grand Katanga, tout en réaffirmant la détermination du Gouvernement à maximiser les bénéfices du cobalt sur le marché mondial et à structurer l’exploitation artisanale.
Tony-Antoine Dibendila
