Le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a pris la parole ce lundi 8 décembre devant le Parlement réuni en Congrès, pour son discours sur l’état de la Nation. Dans un passage très attendu, il est revenu sur les accords de Washington récemment signés avec le Rwanda sous la médiation de Donald Trump.
D’entrée de jeu, le Chef de l’État a tenu à lever toute ambiguïté. « Ces accords ne consacrent aucune forme de partage de notre souveraineté, ils ne valident ni les prétentions territoriales de qui que ce soit ni la mise sous tutelle de nos ressources », a-t-il déclaré.
Un message clair, presque martelé, destiné à rassurer une opinion publique congolaise avide de transparence et soucieuse de préserver l’intégrité du territoire national.
Signé à Washington devant le président américain Donald Trump, l’accord entre Kinshasa et Kigali se veut un tournant diplomatique majeur après trois décennies de violences dans l’est du Congo.
Parmi les points clés, on retrouve le retrait des forces étrangères, la fin des hostilités, et l’arrêt de tout soutien direct ou indirect aux groupes armés. Le Rwanda s’engage à cesser toute assistance au M23, tandis que la RDC doit neutraliser toutes les milices présentes sur son territoire, incluant les FDLR. Les deux États réaffirment que leurs frontières sont intangibles et que jamais l’accord n’ouvre la voie à une quelconque révision territoriale. Un mécanisme conjoint est prévu pour faciliter le retour des populations déplacées et restaurer la cohésion dans les zones affectées par les conflits. Un volet crucial concerne la coopération économique, notamment dans les infrastructures, l’énergie, et la valorisation des minerais stratégiques.
Ce partenariat entend créer des « corridors de prospérité » tout en garantissant que la RDC reste pleinement propriétaire de ses ressources.
Les États-Unis, l’Union européenne et l’ONU joueront un rôle d’observateurs pour veiller au respect des engagements, renforcer la transparence et éviter tout dérapage.
Face aux inquiétudes, Félix Tshisekedi a insisté :
• Aucun élément de l’accord n’enlève à la RDC le contrôle de son territoire.
• Aucun dispositif ne place les ressources congolaises sous tutelle étrangère.
• Aucune instance ne limite la souveraineté nationale.
Son discours a également souligné la volonté du Gouvernement d’utiliser ces accords comme une plateforme pour la stabilité durable, le développement économique et la fin de la guerre à l’Est.
L’Accord de Washington est salué par plusieurs partenaires internationaux comme une « fenêtre d’opportunité historique », mais il reste fragile.
La vraie bataille commence maintenant :
• neutraliser les groupes armés,
• retirer toutes les forces étrangères,
• rétablir l’autorité de l’État,
• ramener la paix dans une région meurtrie depuis trop longtemps.
Franck Mubeneshay
