Le passage remarqué du Président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, au Forum Global Gateway de Bruxelles continue de susciter des analyses et des réactions dans les milieux politiques et académiques.
Parmi elles, celle de l’honorable professeur Godé Mpoy, qui estime que le Chef de l’État congolais a « administré une bonne leçon de géoéconomie à l’Union européenne » à travers son discours axé sur la paix, la souveraineté et le développement partagé.
Selon le professeur Mpoy, le forum Global Gateway, bien que d’essence économique, ne saurait être dissocié de la politique internationale.
Il appuie son argument en citant Montesquieu, pour qui « l’effet naturel du commerce est de porter à la paix ».
« Le Président de la RDC n’a commis aucune faute scientifique en introduisant la politique dans l’économique », souligne-t-il, estimant que cette articulation entre économie et diplomatie reflète une approche réaliste des relations internationales contemporaines.
Pour l’ancien président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa, le discours de Félix Tshisekedi s’inscrit dans une logique politologique maîtrisée.
« Le discours politique varie selon le podium. Le Chef de l’État s’adressait ici à l’Union européenne, le seul bloc qui croit encore à l’ordre de Yalta », analyse le professeur.
Selon lui, le Président congolais a opportunément choisi de revêtir le rôle de pacificateur, en plaçant le dialogue et la stabilité régionale au cœur de ses propos.
Toutefois, il recommande que la RDC s’implique activement dans la conclusion du deal USA–RDC avant toute initiative de dialogue, afin de consolider la position du pays sur la scène internationale.
Abordant la dimension analytique de son propos, le professeur Mpoy rappelle que la géoéconomie a désormais supplanté la géopolitique dans l’interprétation des rapports de force mondiaux.
« La question congolaise exige des études polygonales et longitudinales », soutient-il, invitant à une lecture globale qui tienne compte à la fois des enjeux économiques, sécuritaires et diplomatiques.
En conclusion, le professeur Godé Mpoy prévient que la fin des conflits à l’Est du pays ne dépendra pas uniquement des discours diplomatiques, mais de gestes forts et d’actions concrètes.
« La guerre ne se termine pas par des mots doux, mais par des gestes forts », rappelle-t-il, en écho à l’appel du Chef de l’État pour une paix durable soutenue par des partenariats équilibrés.
La rédaction
