Les États-Unis ont exprimé ce vendredi 12 décembre leur « profonde préoccupation » et leur « extrême déception » face à la reprise des violences dans l’est de la République démocratique du Congo, accusant frontalement le Rwanda d’un appui militaire « direct et sophistiqué » au groupe armé M23.
L’intervention de l’ambassadeur américain Mike Waltz devant le Conseil de sécurité de l’ONU marque l’une des prises de position les plus fermes de Washington depuis le début de la crise.
Le diplomate a rappelé que les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame avaient signé, le 4 décembre à Washington, un accord considéré comme un signal fort pour la paix.
« Les processus de paix exigent que les parties respectent leurs engagements », a-t-il insisté, soulignant que les événements récents allaient à l’encontre de cette dynamique.
Selon Mike Waltz, le Rwanda contrôle depuis 2021 le M23 et sa branche politique, l’AFC, pour poursuivre « ses objectifs géopolitiques » dans l’est de la RDC.
Il a affirmé que le président Paul Kagame avait joué un rôle central dans « la planification et l’exécution » du conflit, fournissant instructions, encadrement militaire et appui logistique aux rebelles.
Washington accuse Kigali d’avoir déployé « entre 5 000 et 7 000 soldats » en territoire congolais et d’avoir livré au M23 du matériel, de la formation et des armes sophistiquées, dont des missiles sol-air.
Les États-Unis affirment également que plusieurs cargaisons militaires auraient été positionnées dans le nord et le sud du front, ainsi qu’un recours croissant à des « drones suicides » et à l’artillerie, y compris lors de frappes ayant touché le Burundi.
D’après l’ambassadeur, l’offensive lancée le week-end dernier pour capturer Uvira a été menée conjointement par le M23 et des unités rwandaises déployées sur le terrain.
« Au lieu d’avancer vers la paix, comme nous l’avons vu avec les efforts du président Trump, le Rwanda entraîne la région vers une instabilité croissante et vers la guerre », a averti Mike Waltz, promettant que les États-Unis « utiliseront tous les outils » disponibles pour demander des comptes aux responsables.
Washington appelle Kigali à reconnaître « le droit de la RDC à défendre son territoire » et à procéder au retrait immédiat des forces rwandaises du sol congolais.
Les États-Unis disent maintenir un dialogue avec « toutes les parties » pour éviter une escalade supplémentaire.
Abordant en parallèle les discussions sur le renouvellement du mandat de la MONUSCO, Mike Waltz a assuré que Washington veillera à doter la mission de capacités suffisantes pour soutenir les processus de Doha et de Washington, tout en rappelant que « la réussite repose avant tout sur les parties concernées ».
Il a également exhorté à mettre fin à toute rhétorique hostile visant les Tutsis, appelant le Conseil de sécurité à s’aligner sur cette position.
FM
